Articles de presse

Benin


DECLARATION DES ORGANISATIONS PAYSANNES A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DE LA 17EME  JOURNEE  MONDIALE DES LUTTES PAYSANNES


A l’occasion de la 17ème journée mondiale des luttes paysannes, les organisations paysannes dont les noms suivent se sont concertées ce mardi 17 Avril 2012 à la bourse du travail à Cotonou pour échanger sur les difficultés que vivent les paysans et les luttes qu’ils mènent pour défendre leurs droits. Il s’agit de :

Synergie paysanne ;

la  PNOPPA ; (Plate forme Nationale des Organisations Paysanne et de Producteurs Agricole du Bénin)

FUPRO ; (Fédération de l’Union des Producteurs du Bénin)

GEA ; (Groupement des Exploitants Agricoles)

FENAPECHE ; (Fédération Nationale des Acteurs de la Pêche du Bénin)

UNAPEMAB ; (Union Nationale des pêcheurs Marins, artisans et Assimilés du Bénin)

FNPPH ; (Fédération Nationale des Producteurs de Palmier à Huile du Bénin)

ANEP; (Association Nationale des Eleveurs de Porc du Bénin)

CCR-B ;( Conseil de concertation  des riziculteurs du Bénin)

ANM; (Association Nationale des mareyeuses, mareyeurs et Assimilés du Bénin)

ONPB ; (Organisation Nationale des Paysans du Bénin)

 

UNAP-BENIN ; (Union Nationale des aviculteurs Professionnels du Bénin)

REPAB; (Réseau des Producteurs d’Ananas du Bénin)

RAPDA. (Réseau Africain pour le droit à l’Alimentation)

Au terme de leurs échanges, les OP présentes ont apprécié à sa juste valeur leur implication effective dans le processus de formulation et d’adoption du Plan stratégique de relance du secteur Agricole. Cependant, elles font le constat  que de nombreux problèmes minent encore  le secteur agricole national à savoir :

 

·        La quasi inexistence de réglementation des filières agricoles (la loi cadre du secteur de la pêche initiée depuis 2002 est encore en souffrance)

·        La Faible professionnalisation des producteurs

·        L’Insécurité foncière grandissante (accaparement des terres)

·        L’Insuffisance des équipements agricoles adaptés

·        La Faible organisation du marché béninois

·        La Politisation à outrance du secteur agricole

·        Le Manque de financement  adapté du secteur agricole

 

Fort des constats sus énumérés, les Organisations Paysannes du Bénin recommandent ce qui suit :

A l’endroit du gouvernement :

 

Ø  Le respect des conditions de mise en œuvre du PSRSA

Ø  La dépolitisation du secteur agricole

 

Ø  La manifestation de la volonté politique pour l’élimination effective des tracasseries administratives et  policières pour la libre circulation des produits agricoles

Ø   L’étude  favorable  de la proposition de reconduction du moratoire contre les OGM en cours de formulation par les OSC

 

A l’endroit de l’Assemblée Nationale :

Ø  La prise en compte des observations de la Société Civile dans l’étude du projet de code foncier et domanial aux fins d’arrêter l’accaparement des terres agricoles

Ø  L’étude et l’adoption du projet de loi cadre du secteur de la pêche et tout autre projet de  loi régissant le secteur agricole en souffrance 

 

Nos engagements :

 

Les OP s’engagent

 

Ø  A œuvrer davantage à l’amélioration de leur propre gouvernance

Ø  A  encadrer les producteurs pour améliorer la production quantitativement  et qualitativement pour assurer la souveraineté alimentaire du Bénin

Ø  A continuer la lutte jusqu’à la satisfaction totale des différentes recommandations sus citées

 

Vive la 17ème journée mondiale des luttes paysannes

 

Vive le Bénin.

 

Fait à Cotonou le 17 avril 2012

 ________________________________________________________________________

France

 

Limoux, mardi 17 avril 2012

 

Communiqué de presse

 

17 Avril 2012

Journée Internationale des luttes paysannes

 

Dans l'Aude aussi, citoyens et paysans dénoncent l'accaparement des terres agricoles

et revendiquent l'accès à la terre pour ceux et celles qui la travaillent.

 

La Confédération Paysanne de l’Aude, des faucheurs volontaires, des citoyen-ne-s indigné-e-s et des organisations se sont mobilisés ce mardi 17 Avril 2012 (jour anniversaire de l'assassinat de 19 paysans brésiliens par leur propriétaire en 1996) devant le bureau audois de la société Pergam Finance à Bages.

 

Cette société de gestion propose d' investir dans l'achat de milliers d'hectares agricoles d'Amérique du Sud pour y pratiquer une agriculture industrielle intensive. Pergam Finance a déjà acheté 45 milliers d'hectares en Uruguay pour y produire des OGM ou agro-carburants.  Le PDG Olivier Combastet se targue de proposer à ses investisseurs un doublement de leur bénéfice en 5 ans ! Ce ne sont pas des terres dont il parle, mais « d'actifs agricoles ». Peu importe la destruction de l'environnement et l'expulsion des petits paysans ou des communautés indigènes, du moment que ça rapporte 1 !

 

L'accaparement des terres par des multinationales est un phénomène criminel et très inquiétant qui - en privant les habitants de leur terres - contribue à la faim dans le Monde. Sur notre planète, un milliard d'individus souffre de la faim, 1 paysan sur 6 ne mange pas à sa faim et un enfant de moins de 10 ans meurt toutes les 5 secondes2 !  En Uruguay, déjà 1/3 de terres agricoles du pays ont déjà été rachetées par des investisseurs étrangers.

 

Dans notre département, la lutte menée au sein du collectif No Palme par les paysans et les citoyens pour refuser l'implantation de la raffinerie à Port-La-Nouvelle est un autre exemple d'accaparement de terres. En effet, la multinationale Sime Darby qui comptait s'implanter à Port-la-Nouvelle est le géant mondial de la production d'huile de palme servant à faire des agro-carburants3. Pour produire cette huile, il a accaparé au Libéria 440 000 hectares  pour y planter des palmiers. Ces plantations sont des terres volées à la forêt ou aux cultures vivrières des villageois, qui vont devoir quitter leur région où ils ne peuvent plus cultiver.

Grâce à une forte mobilisation, le collectif No Palme a fait reculé Sime Darby, qui a annoncé le gel de son projet d’implantation de raffinerie à Port-la-Nouvelle.

 

L'ONG Grain, qui la première a dénoncé le scandale de l'accaparement, dénombre aujourd'hui 35 millions d'hectares accaparés et volés aux communautés locales dans 66 pays4.

 

Toutes les personnes mobilisées à Bages ont amené un seau de terre et l’ont déversé devant le bureau de Pergam Finance. Chacun-e y a apporté un pied de vigne, une salade, un rameau d'olivier, un potiron ou des jeunes plants... pour dénoncer la spéculation financière sur les terres agricoles qui profitent à quelques riches investisseurs au détriment de dizaine de milliers de personnes qui se retrouvent sans terre, sans avenir et le ventre vide.

 

Nous dénonçons aussi le bétonnage à outrance qui contribue à la disparition massive des terres agricoles au profit de projets immobiliers, touristiques, d'infrastructures ou encore commerciaux. La France laisse se perdre l’équivalent d’un département tous les 7 ans. Dans notre région, ce sont des projets de golfs, de centres commerciaux, des centaines d'hectares de photovoltaïque etc.

 

La Confédération paysanne et les citoyen-ne-s présent-e-s militons pour que ces terres – dans l'Aude ou dans le Monde - demeurent des terres nourricières et soient source de souveraineté alimentaire et de dynamisme des territoires.

 

Nous revendiquons la souveraineté alimentaire des peuples et le droit à la terre à ceux et celles qui la cultivent et la respectent.

 

Cette journée est une journée internationale de lutte : dans le Gard, dans l'Hérault, en Ardèche et dans de nombreux autre pays.  Des jeunes paysans en quête de terre sont partis en vélos du Nord-Pas-de-Calais pour réclamer l'accès à la la Terre. Sur leur trajet, ils se rendaient aujourd'hui au siège parisien de Pergam Finance, avenue des Champs Elysées. Leur « Cyclo-Tour »5 se poursuivra jusqu'à Notre-Dame-des-Landes (à côté de Nantes, en Loire-Atlantique) où la population locale résiste au projet de construction d'un nouvel aéroport . Ce projet inutile détruirait 14 000 hectares de bonne terre.  Depuis le début de cette semaine, 2 paysans ayant reçu leur avis d'expulsion de leurs terres sont en grève de la faim. Notre mobilisation leur est dédiée et nous soutenons leur combat.

 

Enfin, nous sommes solidaires de toutes les actions menées dans le monde par des paysans qui veulent se réapproprier des terres pour y cultiver et vivre de leur travail. Nous saluons fraternellement les occupants de Somontes et nos camarades du SOC (syndicat des ouvriers andalous), en Andalousie (Espagne) qui ont investi la « Finca » de Somontes. Cette finca est une grande propriété publique, que le gouvernement régional andalou a laissé en friches et a décidé de vendre au plus offrant. Depuis plus de 6 semaines, ils ont travaillé pour remettre les terres en culture et fait les semis. Les occupants sont des ouvriers agricoles privés d'emploi par la crise, qui revendiquent par cette action, leur droit fondamental à vivre et travailler dans la dignité. Aujourd'hui menacés d'expulsion, nous enjoignons le gouvernement andalou à respecter le droit des travailleurs et les laisser vivre et travailler cette terre.

 

Ces luttes sont les nôtres, GARDAREM LA TERRA.

 

 

Contact: Michel David 06 30 87 21 13

 

Notes :

1 : Voir le film "Planète à vendre" d'Alexis Marant, diffusé sur Arte en avril 2011, plusieurs extraits visible sur le site : http://planete-a-vendre.arte.tv/ où nous retrouvons Olivier Combastet, PDG de Pergam Finance

 

2 : Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'Alimentation

 

3 : Lire le très bon reportage sur le site du journal Basta : http://www.bastamag.net/article2311.html

 

4 : Voir : http://www.grain.org/fr/article/entries/4482-grain-publie-un-tableau-de-donnees-sur-plus-de-400-cas-d-accaparement-des-terres-dans-le-monde

 

5 : http://www.cyclopaysannpdc.net/

 

 

En Dordogne (à 1 mn 40)

http://www.pluzz.fr/jt-local-19-20---perigords-2012-04-17-19h15.html

En Ardèche :

http://www.ledauphine.com/ardeche/2012/04/17/de-la-terre-deposee-devant-la-mairie-en-guise-de-protestation

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-bleu/?nr=d6e74809db32e0a682d35e91a63549ea&5ff079e478a975720b2c335887d59c7f_info_mode=&5ff079e478a975720b2c335887d59c7f_info_index=1 (à 3mn)

Dans le Gard :

http://www.midilibre.fr/2012/04/17/dma-monsanto-inspection-citoyenne,487709.php

 

 

 

 

 

 

pour information agrafil du 18 avril 2012

Opération coup de poing de la Confédération paysanne à Pergam finance : « Ce sont des criminels », a dénoncé le 17 avril le secrétaire national de la Confédération paysanne, Christian Requeirol, à l’encontre de la société d’investissement Pergam finance qui détiendrait 45000 ha de terres agricoles en Uruguay et en Argentine. « Sept fermes d’environ 6000 ha : c’est avec ce type d’activité industrielle que les paysans sont expulsés de leurs terres ». D’où l’initiative du syndicat agricole, dans le cadre de la journée mondiale des luttes paysannes, de protester au siège de Pergam finance, avenue des Champs-Elysées, à Paris. Une action menée avec une quarantaine de jeunes paysans souhaitant s’installer et pour la plupart venus à vélo de toute la France pour dénoncer l’accaparement du foncier en France. « Nous galérons pour obtenir de la terre. Dès lors que vous n’êtes pas enfant de paysans, il est très difficile d’y avoir accès», a indiqué Martin Boutry qui, avec ses pairs, s’est rendu le matin aux QG de campagne des candidats à l’Elysée pour y déposer un poireau dans un bloc de béton, symbole de l’artificialisation des sols. Pas de poireau en revanche pour les responsables de Pergam finance, mais « une médaille de l’hypocrisie » que la Confédération paysanne n’aura pu remettre comme prévu au responsable de la société, absent des locaux. Prochaine étape pour les cyclo-paysans : Notre-Dame-des-Landes qu’ils atteindront le 27 avril pour apporter leur soutien aux deux paysans opposés au projet du nouvel aéroport et en grève de la faim depuis une semaine.


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