Séminaire et atelier international sur la Réforme agraire au XXIème siècle : Enjeux et Avenir

Publié le par stopauxaccaparementsdesterres

La Via Campesina et la Campagne mondiale pour la Réforme agraire

 

 

Jakarta, Indonésie, 9-16 juillet 2012

 

Dans le monde, depuis le lancement de la première révolution verte, l'agriculture familiale et les terres fertiles disparaissent jour après jour. Les paysans et les petits agriculteurs ont été marginalisés par l'expansion de grands barrages, des plantations de monoculture, des zones industrielles, des zones économiques spéciales, des industries minières, etc. La terre, l'eau, les semences et autres richesses naturelles sont de plus en plus concentrées entre les mains de quelques grandes entreprises et d'élites locales. Tels sont les résultats de ces politiques néolibérales menées depuis de nombreuses décennies.

 

Bien que les familles paysannes continuent à produire le pourcentage le plus élevé d'aliments pour les populations, le soutien apporté à leur économie est très faible par rapport à celui octroyé à l'agro-industrie. La guerre idéologique et politique contre les paysans est violente. Les médias continuent à stigmatiser les paysans et les paysannes dans la plupart des pays, et certains de ces paysans sont criminalisés.

 

Au cours de ces dernières années, des politiques concernant un nouveau modèle de développement ont été mises en oeuvre et débouchent sur une augmentation des expropriations, communément connues sous l'appellation accaparement des terres. Ce phénomène, se développant à niveau mondial, est promu par les élites locales, nationales et internationales ainsi que par les investisseurs et les gouvernements dans le but de contrôler les ressources mondiales les plus précieuses. Les crises financières, alimentaires et climatiques ont déclenché la ruée des investisseurs et des gouvernements les plus riches vers l'acquisition et la main mise sur la terre et les ressources naturelles puisqu'elles sont devenues les seules « valeurs refuges sûres » pouvant leur garantir un retour financier sur investissement.

 

Nombreux sont les gouvernements et les institutions financières internationales qui proposent des solutions en prétendant résoudre la crise alimentaire mondiale par l'intensification de l'agro-business. Par cette politique, ils justifient l'accaparement des terres à grande échelle et le contrôle sur l'eau et les forêts.

 

Ce qui n'est pas sans rappeler les réformes agraires promues par des institutions telles que la Banque mondiale qui ont encouragé le marché foncier et le pillage des paysans dû à un manque d'aides complémentaires de la part des Etats.  D'autre part, la Banque mondiale, par le biais de son Programme structurel d'ajustement sur l'eau, a transformé l'eau en une marchandise.

 

Tandis qu'en 2006, lors de la Conférence internationale sur la Réforme agraire et le Développement rural (ICARRD/CIRADR) organisée par la FAO, les Etats ont reconnu et réaffirmé leur engagement sur le rôle essentiel de la réforme agraire et du développement rural, comprenant, entre autre, le respect des droits humains, la sécurité alimentaire, l'éradication de la pauvreté et le renforcement de la justice sociale, fondés sur des lois démocratiques. Or, jusqu'à ce jour, la réalité en est bien loin.

 

C'est pourquoi, La Via Campesina et la Campagne mondiale pour la Réforme agraire - en appliquant la méthodologie d'un atelier- séminaire international sur la Mise en oeuvre d'une Réforme agraire au XXIème siècle - souhaiterait analyser le contexte mondial actuel, la dynamique et les demandes locales à propos de la crise de l'agriculture afin de pouvoir arriver à une vue d'ensemble claire et commune ainsi qu'à un agenda dans le but de mettre en oeuvre une réforme agraire qui devra inclure la souveraineté alimentaire, l'agro-écologie, la biodiversité et les intérêts des femmes et des jeunes.  Serikat Petani Indonesia (SPI) accueillera l'atelier et le séminaire avec la participation des membres de LVC ainsi que d'autres mouvements sociaux, de chercheurs progressistes et de nos alliés.  

 

 

 

 

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